À propos

Le colloque de fondation du GRIMADD, qui se tiendra du 19 septembre au 22 septembre 2022, à l’Université TÉLUQ (Québec), sera l’occasion de faire émerger, à partir d’un cadre d’analyse commun contribuant à rendre tangibles les ressorts des conflits, les premiers résultats des études de cas pilotées sur le terrain par les coordinations nationales africaines.

Les fondements

Créé en janvier 2020, le GRIMADD s’est donné pour objet l’étude des conflits liés aux industries extractives en Afrique francophone. L’exploitation des richesses minières en Afrique, comme partout dans le monde, est fréquemment source de conflits locaux, qu’il s’agisse de conflits sociaux pacifiques (grèves, manifestations, etc.) ou de conflits violents (guerre civile, terrorisme, meurtre). Les citoyens des pays d’origine des entreprises minières ne sont pas épargnés par ces conflits. Ces dernières années, des Occidentaux, notamment des Canadiens et des Québécois, ont été pris pour cible au Sahel en Afrique, victimes d’attaques violentes et terroristes. Les acteurs internationaux sont conscients de ces conflits et de leur impact sur le développement économique local et mondial. Dans ces conditions, il est difficile de répondre véritablement aux objectifs de développement durable poursuivis par les minières dans le cadre de leur programme de responsabilité sociale. Un consensus existe donc sur la nécessité de résoudre ces conflits pour permettre l’exploitation pacifique des ressources minières dans le respect des principes du développement durable. C’est pour contribuer à la résolution de ces problèmes que le GRIMADD a été créé à l’initiative du professeur Armel Brice Adanhounme, de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

L’approche

L’approche développée par le GRIMADD consiste à demander aux acteurs sur le terrain de préciser leurs attentes et les conflits qui en résultent. Cette approche suppose en premier lieu de cerner les diverses parties prenantes, y compris celles qui sont laissées pour compte. Cela suppose aussi de recenser les facteurs contextuels propres à chaque situation : les conditions géologiques et géographiques, les normes qui régissent le comportement des acteurs et qui dépendent de l’histoire des communautés humaines, des croyances et des représentations que chaque communauté se fait de sa vie présente, passée et future, ainsi que des lois et règlements et de leur mode d’application et de contrôle.

Pour accompagner les acteurs des industries extractives, les membres du GRIMADD partent de deux questions essentielles :

  • D’une part, quelles sont les modalités permettant aux acteurs des industries extractives, notamment les minières canadiennes, d’exploiter les ressources naturelles en Afrique dans un climat social apaisé et un partage équitable de la valeur créée, comme cela se fait au Canada?
  • D’autre part, quelles sont les conditions institutionnelles de l’ancrage territorial d’un modèle expérimental de développement durable permettant aux parties prenantes oubliées et occultées de ces minières, notamment les acteurs des communautés locales, d’avoir aussi leur « part » en Afrique?

Les enjeux

Ces questions trouvent leur pertinence dans l’identification de quatre enjeux majeurs liés à la gouvernance des industries extractives en Afrique. Ces enjeux sont :

  1. le problème de l’identité controversée des acteurs locaux;
  2. la contestation des projets corporatifs de développement;
  3. l’effectivité des sources de régulation;
  4. la localisation des projets de développement proposés par les industries extractives.

Aux côtés des partenaires des industries extractives, le GRIMADD propose ainsi une approche partenariale et pragmatique, dans une démarche de résolution de problème permettant d’atteindre les objectifs du développement durable.

Les quatre axes

Les chercheurs du GRIMADD se situent en observateurs de ce jeu complexe pour tenter de décrypter les intérêts derrière les discours et mettre en cohérence les actions et les paroles. Chapeautés par l’analyse conflictuelle, quatre axes de recherche ont été identifiés par les chercheurs du GRIMADD. Ils suivent les quatre enjeux majeurs liés à la gouvernance des industries extractives en Afrique. Il s’agit de :

  1. l’axe des connaissances socio-anthropologiques sur l’enjeu « identité controversée des acteurs locaux »;
  2. de l’axe des connaissances en économie des ressources naturelles sur l’enjeu « contestation des projets de développement »;
  3. de l’axe des connaissances en droit du développement sur l’enjeu « effectivité des outils de gestion et de régulation »;
  4. de l’axe des connaissances en management des parties prenantes sur l’enjeu « localisation/environnement des projets de développement ».

Les membres

Le GRIMADD se compose d’une cinquantaine de chercheuses et chercheurs d’excellence rattachés à des universités du Canada, du Bénin, du Mali, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Burkina Faso et du Cameroun. La gouvernance du GRIMADD se caractérise comme suit :

  • Professeur Armel Brice Adanhounme (Université du Québec à Trois-Rivières), membre fondateur et responsable de l’axe socio-anthropologie du développement;
  • Professeur Martin Dumas (Université Laval), responsable de l’axe droit et développement;
  • Professeur Alexandre Croutzet (Université TÉLUQ), responsable de l’axe économie des ressources naturelles;
  • Professeurs Alidou Ouédraogo (Université de Moncton) et Emmanuelle Champion (Université TÉLUQ), responsables de l’axe management des parties prenantes;
  • Professeur Benoît Pigé (Université de Franche-Comté), responsable de la thématique centrale de l’analyse conflictuelle et guide de l’équipe de recherche sur les enjeux méthodologiques;
  • Professeur Adama Traoré (Université des sciences sociales et de gestion de Bamako), responsable de la coordination nationale du Mali;
  • Professeure Bissè Blanche N. Danielle Adoh (Institut Universitaire du Sud, Siège social, Abidjan et Université Peleforo Gon Coulibaly, Korhogo), responsable de la coordination nationale de la Côte d’Ivoire;
  • Professeur Kéfing Condé (Université Général Lansana Conté de Sonfonia, Faculté des Sciences sociales), responsable de la coordination nationale de la Guinée;
  • Professeure Sokhna Fatou Seck-Sarr (Université Gaston Berger de Saint-Louis), responsable de la coordination nationale du Sénégal;
  • Professeur Chrysal Aguidioli Kénoukon (Université d’Abomey-Calavi), responsable de la coordination nationale du Bénin;
  • Professeure Marie Thérèse Mengue (Université Catholique de l’Afrique centrale), responsable de la coordination nationale au Cameroun;
  • Doctorante Idiatou Bah (Université Laval), responsable de la coordination des activités de formation des étudiantes et étudiants.

Le colloque

Le colloque de fondation du GRIMADD sera l’occasion de faire émerger, à partir d’un cadre d’analyse commun contribuant à rendre tangibles les ressorts des conflits, les premiers résultats des études de cas pilotées sur le terrain par les coordinations nationales.

La première journée s’intéressera aux objectifs de développement durable des Nations unies, qui s’imposent aujourd’hui comme le nouveau cadre d’action des entreprises minières, à l’analyse des conflits et de leur résolution, aux réponses expérimentées dans les champs des relations industrielles et du management afin de dépasser les antagonismes des acteurs, avant d’explorer plusieurs études de cas qui permettront d’appréhender les conflits tels qu’ils sont vécus par les communautés locales au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso, en Guinée et en Côte d’Ivoire. Une soirée organisée au Carré des affaires de l’Université Laval par le Laboratoire interdisciplinaire sur la responsabilité sociale des entreprises (LIRSE) permettra de découvrir la vision de la RSE qui anime les minières partenaires du GRIMADD ainsi que les bonnes pratiques déployées à ce chapitre.

La deuxième journée sera consacrée aux quatre axes de recherche du GRIMADD afin de mieux appréhender les enjeux qui participent à la cristallisation des conflits dans ce secteur d’activité stratégique, toujours dans l’optique de les rendre explicites, voire de les dépasser.

La troisième journée portera sur l’étude des réalités autochtones au Canada ainsi que sur les Ententes sur les répercussions et les avantages (ERA) qui sont signées entre les minières canadiennes et les communautés locales.