Mardi 20 septembre 2022

Axe socio-anthropologique : La responsabilité sociale et environnementale des entreprises minières en contextes africains

Atelier-conférence

Axe socio-anthropologique : La responsabilité sociale et environnementale des entreprises minières en contextes africains

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13 h 30

Pourquoi et comment doit-on tenir compte des contextes locaux des projets de développement des minières canadiennes en Afrique subsaharienne

Après avoir signalé les biais de nature instrumentaliste et normative des contextes sociojuridique, national et global, qui sont préjudiciables à la mise en application effective des projets de développement que proposent les minières occidentales aux communautés rurales africaines, cette communication insiste sur l’ancrage endogène du « contenu local » des projets, en réponse aux enjeux de développement durable et de légitimité. Pour soutenir les initiatives de renforcement des capacités locales en lien avec les stratégies corporatives de développement et espérer sortir les économies d’enclave extractive africaine de la « malédiction des ressources naturelles », l’impératif de la prise en compte et de l’importance des réalités locales, à partir du bas, ou en termes théoriques, de la problématique de l’encastrement local des projets de développement des minières en Afrique, sera abordée en recourant à un paradigme socioconstructiviste permettant de proposer un modèle heuristique applicable à nos études de cas en cours.

Armel Brice Adanhounme, Université du Québec à Trois-Rivières, École de gestion

Gouvernance minière multiniveaux et instruments de politiques publiques en Guinée : Le cas de la région de bauxite de Boké

Comment la relation de gouvernance partenariale multiniveaux entre l’État, l’entreprise minière et les communautés peut-elle favoriser un processus de développement local durable en Afrique de l’Ouest? La communication ambitionne d’y répondre dans le secteur minier en Guinée. Elle s’intéresse à cette relation entre les acteurs via la filière économique de la bauxite dans la région de Boké avec la Compagnie de Bauxite de Guinée (CBG). La communication portera sur la première partie des résultats de la thèse doctorale de la présentatrice : la perspective de l’État et son cadre légal et politico-institutionnel en matière de gouvernance minière en Guinée. Comment le gouvernement, poussé par des exigences minières internationales, nationales et locales, navigue-t-il entre nouveaux instruments de politiques publiques (Fonds de Développement Économique Local-FODEL) et pesanteurs juridiques?

Idiatou Bah, Université Laval, École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional

Organisations locales, services publics et développement durable dans une minière guinéenne

Les crises dans les minières en Afrique viendraient de la dualité des systèmes de gouvernance. Le service public d’inspiration occidentale s’est surimposé aux organisations coutumières locales. Entre les deux se profile une société civile en voie d’imposer une « gouvernementalité » fondée sur l’équité et la justice. Dans un tel contexte, les sociétés minières peuvent-elles se contenter d’une solution exogène/moderne qui surdétermine la soumission à l’effet de mondialisation ou s’en remettre exclusivement à une solution endogène qui valorise la dimension locale/coutumière? Pour répondre à cette question, je pars de l’hypothèse selon laquelle toute RSE, aussi logique soit-elle, qui ne prendrait pas en compte les besoins des différents acteurs, en premier ceux les communautés locales, est source de conflits. L’objectif de cette communication est de poser les équations d’une approche de résolution des conflits à la rencontre de diverses influences en présence dans une minière en Guinée.

Kéfing Condé, Université Général Lansana Conté de Sonfonia, Faculté des Sciences sociales (Guinée)

Représentations sociales des pratiques RSE et engagement des salariés de l’entreprise d’exploration minière Sama Nickel

Différentes études sociologiques et psychosociologiques ont montré l’importance, mais également l’influence réciproque, des représentations sociales et de l’engagement sur le fonctionnement des organisations. Ces dimensions de la vie sociale sont déterminantes dans la réussite des politiques organisationnelles parce qu’elles participent de rapports sociaux favorables ou non au développement de ces organisations. C’est pourquoi la communication a pour objectif de rendre compte de l’influence des représentations sociales émanant du fonctionnement de Sama Nickel et de ses pratiques RSE sur le rapport au travail de ses salariés, notamment sur leur engagement. On verra ainsi comment cela participe de l’émergence et de la régulation des conflits, mais également les formes de collaborations favorables au fonctionnement et au développement de l’entreprise.

Bissè Blanche N. Danielle Adoh, Institut Universitaire du Sud, Siège social, Abidjan (Côte d’Ivoire) et Université Peleforo Gon Coulibaly, Korhogo (Côte d’Ivoire)

Le patrimoine culturel, les ressources naturelles et les conflits sociaux au Burkina Faso

Le Burkina Faso regorge d’un riche patrimoine culturel. Du matériel lithique, des abris sous roche, des buttes anthropiques, des bosquets sacrés, des puits de teinture, des sites métallurgiques, des autels, des nécropoles etc., se répartissent sur des espaces divers. Toutefois, l’exploitation de ces ressources minières et naturelles provoque des conflits entre les populations, mais aussi entre la population et l’administration publique.

Le problème foncier est récurrent et oppose régulièrement les éleveurs et les cultivateurs. Il existe aussi des différends entre les promoteurs immobiliers, les propriétaires terriens et l’administration publique. Il en est de même pour l’exploitation de certaines ressources comme l’eau et les forêts.

L’exploitation des mines engendrent des ressources financières qui devraient participer au développement durable, mais qui malheureusement ne profitent pas à la population locale. Ce qui constitue une véritable source de conflits. De même, l’implantation des sociétés ne prend pas véritablement en compte la préservation des sites préhistoriques, protohistoriques et historiques qui existent dans les localités. Les exploitants miniers interdisent l’accès des sites aux populations dont les références culturelles se retrouvent dans les zones d’exploitation.

Foniyama Élise Ilboudo-Thiombiano, Université Joseph-Ki Zerbo de Ouagadougou

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