Mardi 20 septembre 2022
Axe managérial : Outils de gestion des minières et objectifs de développement durable pour les communautés
Atelier-conférence
Axe managérial : Outils de gestion des minières et objectifs de développement durable pour les communautés
11 h 30
Cycle de vie minier, parties prenantes et développement durable
Alidou Ouedraogo, Université de Moncton
Analyse critique d’une entente sur les répercussions et les avantages (ERA) signée entre une minière junior et une communauté crie d’Eeyou Istchee
Nous proposons de reconstituer l’histoire d’une entente sur les répercussions et les avantages (ERA) signée entre une communauté crie d’Eeyou Istchee et une entreprise minière junior pour encadrer l’extraction sur son territoire d’un minerai rare. Cette ERA constitue une exception à plusieurs égards. D’une part, cette entente a été soutenue par la communauté crie qui a massivement investi dans le capital de l’entreprise. D’autre part, elle est la seule à inclure une usine de transformation. De plus, cette entreprise a affiché un discours de RSE sophistiqué s’articulant autour du concept de valeur partagée (Porter et Kramer, 2006, 2011). En privilégiant une perspective critique, nous avons entrepris d’analyser le processus de négociation piloté par cette entreprise pour établir dans quelle mesure cette ERA a bénéficié aux communautés locales et, plus largement, à l’atteinte des objectifs de développement durable.
Emmanuelle Champion, Université TÉLUQ, École des sciences de l’administration
Usages du numérique pour une gestion inclusive et durable des ressources minières
Les technologies numériques ne sont pas suffisamment abordées dans les travaux concernant la gestion des ressources naturelles ou du développement durable. Cette recherche exploratoire s’intéresse aux différents types d’usages du numérique dans le secteur minier et aux discours qui les accompagnent. Elle montre que les entreprises minières investissent le numérique pour : gérer ou anticiper leurs activités extractives (intelligence artificielle), rendre visible leurs pratiques RSE ou encore pour interagir avec les parties prenantes légitimées par un lien économique, financier ou juridique. De leur côté, les communautés ne bénéficiant pas d’une reconnaissance aussi formelle ayant des identités sociales souvent opposées ou distantes envers l’entreprise minière (militants associatifs, riverains, citoyens engagés, activistes…) prennent possession des réseaux socionumériques afin d’exprimer leur mécontentement, voire leurs préoccupations, pour une gestion inclusive et durable des ressources minières.
Sokhna Fatou Seck-Sarr, Université Gaston Berger de Saint-Louis, Siège social (Sénégal)
La dynamique des industries extractives au Cameroun : une analyse de ses configurations
Le début du troisième millénaire a marqué l’ère de la revalorisation du secteur minier au sein des pays africains en général et au Cameroun de manière spécifique. Cette revalorisation a eu comme corollaire la floraison des industries nationales d’une part, avec pour objectif d’investir le marché de la rente minière. D’autre part, on a assisté à un afflux des industries étrangères en Afrique, venues proposer leurs services sur la base des accords de partenariats, auxquels plusieurs pays ont souscrit. C’est ainsi que le secteur minier camerounais s’est vu investi par les entreprises d’exploitation minière venant de tous les horizons.
Notons que la problématique du développement en lien avec le secteur minier en Afrique, et au Cameroun en particulier, structure et modèle les relations, les dynamiques et les trajectoires existantes entre les acteurs impliqués dans la gouvernance minière.
Cette communication, construite sur la base des observations empiriques, vise à analyser les logiques fonctionnelles, pragmatiques et stratégiques qui sous-tendent l’action des sociétés d’exploitation minière nationales et étrangères opérantes au Cameroun. Cette perspective est d’abord attentive à une analyse des acteurs ancrés dans des logiques d’interaction. Ensuite, l’intérêt est porté sur les dispositifs et les mécanismes nationaux et internationaux qui encadrent l’exploitation des minerais au Cameroun. Enfin, la réflexion émet quelques recommandations à l’attention des acteurs engagés dans la gestion et l’exploitation des ressources minières en contexte camerounais.
Répondant à ce questionnement, cette communication défend ainsi l’idée selon laquelle la dynamique des industries extractives en Afrique et au Cameroun s’inscrit dans des connexions entre les logiques du local (portées par des acteurs locaux, étatiques et non étatiques) et les logiques du global (influencées par des acteurs internationaux et transnationaux). Une telle posture répond à la question suivante : Comment appréhender la dynamique des industries extractives au Cameroun? S’appuyant sur une démarche sociopolitique et économique combinant l’interaction stratégique au transnationalisme, la communication souhaite mettre en exergue le bilan situationnel des industries extractives au Cameroun à partir de l’analyse des données disponibles.
Marie-Thérèse Mengue, Institut des Politiques et Initiatives Sociales (IPIS)